Pourquoi je le lis :
Il y a peu, j'ai appris que ce roman était une suite du roman de Jane Austen, Orgueil et Préjugés. Et comme j'ai bien aimé les romans de Colleen McCullough que j'ai lus jusque là, je n'ai pas résisté quand j'ai vu Les caprices de Miss Mary dans les rayons de la bibliothèque.
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En résumé (quatrième de couverture) :
Au décès de sa mère, Mary, la troisième des cinq sœurs Bennet,
découvre la liberté. À trente-sept ans, elle qui n'a vécu que pour les
autres est bien décidée à ne plus accepter d'entrave à la réalisation de
ses rêves.Et surtout pas le triste chaperon que ses beaux-frères
souhaitent lui imposer.
Sa décision est prise : comme le
journaliste dont elle dévore les articles incendiaires, elle enquêtera
sur les conditions de vie misérables des ouvriers du Nord.
Alors
que sa famille craint qu'elle y perde sa réputation, Mary se lance avec
fougue dans l'aventure. Mais son enthousiasme se heurte à la réalité de
l'Angleterre en ce début de XIXe siècle...
Vingt ans après la fin d'Orgueil et Préjugés,
ce roman - une suite du chef-d’œuvre de Jane Austen - brosse le
portrait d'une femme à l'esprit libre, féministe avant l'heure, qui
n'hésite pas à braver les interdits pour faire triompher ses
convictions.
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Mon avis :
J'ai été très déçue par ce roman qui me semblait pourtant avoir un
gros potentiel. J'aime bien ce qu'écrit Colleen McCullough
habituellement. La quatrième de couverture m'avait laissé penser qu'en
choisissant comme héroïne un des personnages secondaires les plus en
retrait du roman de Jane Austen et en situant l'action une vingtaine
d'années après Orgueil et préjugés, Colleen McCullough nous
livrerait une histoire tout à fait "autonome", le récit de
l'émancipation d'une femme dans l'Angleterre du XIXe siècle, laissant
Elizabeth, Jane, Darcy et Pemberley en arrière plan.
Pour
commencer, j'ai été gênée par l'emploi abusif du passé simple dans les
dialogues (volonté d'approcher au maximum du style de Jane Austen ou
excès de zèle du traducteur ?). Cela donne des conversations d'un style
ampoulé, indigeste alors que le reste du roman est rédigé d'une plume
très agréable.
Non, le vrai problème, c'est le sort réservé aux
personnages au point même d'aller à l'encontre du message que Jane
Austen souhaitait faire passer dans son roman. Je me suis hérissée en
découvrant ce qu'étaient devenus les principaux personnages d'un de mes
livres préférés...
Darcy, qui regrette amèrement d'avoir épousé
Elizabeth et le lui jette sans pitié à la figure, est devenu pingre et
despotique, dissimulant le souvenir d'un père qui jouait les malfaiteurs
et les proxénètes à ses heures perdues (et oui, il faut bien s'occuper
lorsqu'on est riche et qu'on s'ennuie...).
Elizabeth a perdu sa
vivacité d'esprit, se contentant de lancer des piques cruelles à son
époux pour le tirer de son indifférence. Pour le reste, elle est devenue
aussi effacée que Jane. Celle-ci est décrite comme une poule pondeuse,
constamment en larmes et perdue sans son époux en voyage alors que
Caroline Bingley apparaît comme une vieille fille à la langue de vipère
(ça, c'était déjà dans Orgueil et préjugés) qui semble finalement trouvé un certain épanouissement en devenant une sorte de gouvernante pour les nombreux enfants de Jane.
Quant
à Mary, l'héroïne du roman, elle s'est tellement améliorée qu'on ne la
reconnaît plus. Oubliés le physique ingrat, les idées toutes faites, etc
; à la place on découvre une femme particulièrement séduisante et
brillante qui sait s'imposer. La métamorphose est telle que je n'ai pas
réussi à faire la connexion avec la Mary d'Austen.
Ajouter à cela
toute une série de péripéties plus invraisemblables les unes que les
autres : un enlèvement par un bandit de grand chemin dans la forêt de
Sherwood, des semaines de séquestration dans une grotte par une secte
vénérant l'obscurité, le meurtre d'une des sœurs Bennet par le
demi-frère de Darcy, etc.
La situation tend à s'arranger à la fin
pour tous les personnages, y compris pour Darcy et Elizabeth qui se
réconcilient, mais comment prendre tout cela au sérieux après la
quantité d'invraisemblances qui a précédé...
Je fondais pourtant
beaucoup d'espoirs sur cette lecture, mais j'ai dû manquer quelque chose
(à commencer par de l'indulgence) car les avis sont plutôt favorables
sur la blogosphère...
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